
Le village de Cilaos avec ses 3 377 habitants disséminés sur 1 226 logements comprend les quartiers suivants :
Le Brûlé Marron
Le nom de ce quartier est lié à un épisode célèbre de la lutte contre le marronnage. A l’origine, son nom complet était le Brûlé des Marrons.
En effet, ce lieu aurait été le théâtre en 1753 de l’arrestation des derniers chefs marrons réfugiés dans nos montagnes.
Cette arrestation est l’aboutissement d’une poursuite menée par François Mussard et son détachement, pendant presque dix ans, entre 1744 et 1753.
Mussard se rend pour la première fois à Cilaos avec ses hommes, en avril 1744, en remontant la Rivière Saint - Etienne. Ils trouvent au - dessus de « Silaos » ( nom désignant, à l’époque, le Pavillon), à l’Ilette Haute, un groupe de six cases, mais une seule négresse, qui s’enfuit et qu’ils tuent.
De 1744 à 1751, Mussard se met à la recherche, dans le cirque de la Rivière du Galet ( Mafate ), d’un nouveau passage vers Cilaos, pour surprendre les esclaves évadés des plantations.
Du 25 octobre 1751 au mois de février 1753, sept nouvelles expéditions ont lieu pour atteindre les grands chefs tels que Laverdure, Sarcemate, Simitave, Sicille ou Dianamoise. Les chasseurs progressent en obtenant leurs informations des esclaves capturés et souvent agonisant. Plusieurs camps sont mis au jour. On y trouve, à chaque fois, des cases, des champs cultivés, des outils, des ustensiles de cuisine et parfois, des armes. Mais les camps sont vides. La présence des hommes du détachement est fréquemment éventée par les chiens des marrons qui s’enfuient. En tout, quatorze d’entre eux meurent sous les balles des chasseurs.
L’ultime « bataille » se déroule à la fin du mois de février 1753, sur le plateau du Brûlé des Marrons, où, las, les quelques esclaves présents se livrent.
Par la suite, deux autres détachements repartent dans la rivière Saint - Etienne, mais ils n’y découvrent, en 1769, qu’un petit camp, plus proche de l’Entre - Deux que de Cilaos, et en 1771, ce sont de simples traces dont ils ne parviennent pas à déterminer si elles appartiennent à des marrons ou à des chasseurs de cabris. Les lieux étant désormais connus des Blancs, ils ne sont plus sûrs pour les marrons qui préfèrent les abandonner.
La tradition orale rapporte toutefois que ces esclaves marrons auraient continué à occuper Cilaos, jusqu’aux années 1828 - 1829, au moment où un détachement commandé par Lionel Guichard en vient à bout, au terme d’un long affrontement, sur l’Ilet à Malheur. Sur les quarante marrons qui s’y étaient installés, vingt - cinq sont tués, les autres sont capturés, certains sont blessés.
Aujourd'hui, une ancienne décharge s’y trouve, mais elle est amenée à se transformer en centre d’enfouissement des déchets verts avec une réhabilitation du site. Ce quartier regroupe quelques viticulteurs.
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