Le 2 septembre 1840, par le décret colonial qui prévoit la concession gratuite de la plaine des Etangs ( emplacement du Village actuel ) est décidé la réalisation du chemin de Cilaos.
Plusieurs projets sont conçus par l’ingénieur colonial, Guy de Ferrières. Celui qui est adopté relie Saint-Pierre et Saint-Louis aux sources thermales de Cilaos et prévoit de continuer jusqu’à Saint-Denis, en passant par des tunnels creusés sous les Salazes et les autres montagnes, soit par le bassin de la Rivière des Galets, la grande Chaloupe ou le Brûlé de Saint-Denis, soit par le cirque de Salazie et le bassin de la Rivière des Pluies.
Entre 1842 et 1845 est tracé un chemin de piéton et de cavalier, vertigineux, étroit et long de 36 ou 38 kilomètres, selon les ouvrages, depuis Saint-Louis.
La diversité de ses paysages et ses multiples dangers sont fréquemment dépeints par les voyageurs de l’époque. Le parcours nécessite de traverser plusieurs fois la rivière. Il dure sept heures, avec une halte au Pavillon, puis au Peter Both.
Le trajet s’effectue à pieds, à cheval, à dos de mulets ou de petits poneys, mais le plus souvent en fauteuil à porteurs, dont le manque de confort est souligné par le Docteur Mac Auliffe dans "Cilaos pittoresque et thermal, Guide médical des eaux thermales" :
"C’est à l’Aloès que vous prenez vos porteurs. Ils vous attendent et vous ne tardez pas à partir si vous avez choisi un bon chef… Quant au nombre de porteurs attaché à votre personne, il variera bien entendu avec votre poids. Il n’est jamais moins de quatre, mais il peut être de dix et de douze. Un cent kilos réclame au moins huit porteurs solides.
Le fauteuil dans lequel vous prenez place est une chaise basse, grossière, à dossier vertical, munie de bras horizontaux, n’offrant aux pieds d’autre appui qu’une bande en gonis fixée aux bras mêmes du fauteuil on y est aussi mal que possible. et l’on arrive forcément plus ou moins courbaturé…
Tantôt ils vous portent à deux … et tantôt à six quand la pente est trop raide ; généralement ils se remplacent tous les deux kilomètres. Pas de chants d’abord, ce n’est que plus tard quand la fatigue commence ou que le chemin devient difficile, que le plus vieux entonne un refrain pour faire marcher en mesure ses compagnons…"
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