
Histoire de son peuplement
L’îlet tire son nom de l’époque où il était occupé par les esclaves en fuite.
Ces derniers y accédaient au moyen de cordes, plutôt que de sentiers, afin de ne pas laisser de traces qui pourraient dévoiler leur présence aux chasseurs de marrons lancés à leur poursuite.
Néanmoins, les multiples expéditions de François Mussard, le plus célèbre chasseur de marrons de La Réunion, mettent à jour leurs camps et les lieux étant connus des Blancs, ils sont vite abandonnés par les esclaves fugitifs.
Des ossements mis à jour récemment dans la forêt du Tapcal nous rappelle ce temps où Cilaos était un refuge pour ces hommes et ces femmes traqués, prêts à tout pour recouvrer leur liberté.
Quand le cirque est colonisé par les Petits Créoles, l’Ilet à Cordes est le premier îlet concédé.
Son premier propriétaire est Figaro, un esclave affranchi en 1811 par les Anglais pour avoir dénoncé le complot fomenté par d’autres esclaves dans le but d’assassiner des propriétaires.
En effet, l’invasion de l'île Bourbon ( ancien nom de la Réunion ) par les Anglais en 1810 a fait naître chez certains esclaves l’espoir de retrouver leur liberté. Ils se rendent rapidement compte que ce n’était qu’illusion et attendent le moment propice pour se soulever. A partir de septembre 1811, ils essaient de ramener à leur cause leurs congénères travaillant dans les propriétés. Ce n’est pas facile car certains n'ont pas envie de se révolter par peur des représailles, d'autres ont de bons maîtres et leur sont fidèles.
Figaro est un de ceux-là. Un jour, il entend parler du complot qui se trame et le révèle au poste de police de Saint-Louis. Le lundi 4 novembre 1811, le projet criminel des esclaves est connu. Les propriétaires se préparent alors à se défendre. Le premier incident survient à Saint-Leu, dans la soirée du 5 novembre ; A. Hibon, qui se rend armé chez un voisin, rencontre un groupe de rebelles, qui le frappent et l'abandonnent sans connaissance. Son arme ayant disparu, c'est l'affolement dans le quartier ! A partir du 7 novembre, plusieurs propriétés sont envahies par une centaine d'esclaves qui se sont regroupés. Paulin, un jeune esclave qui a réussi à s'enfuir de la maison de son maître donne l'alerte. Rapidement, un détachement d'une vingtaine d'hommes se dirige vers le Portail où les Marrons continuent de piller. Un piège est tendu par les Blancs et des esclaves restés fidèles à leurs maîtres. Plusieurs révoltés sont tués. Le Gouverneur Farquar arrive de l'Ile de France le 21 novembre 1811 et essaie de ramener le calme. Le procès qui a lieu se veut exemplaire : les 30 principaux meneurs sont condamnés à mort, d'autres sont condamnés aux fers ou déportés.
En récompense de sa dénonciation, Figaro est affranchi par le gouvernement anglais, qui lui alloue une pension annuelle de 750 francs. Cette dépense est approuvée par les administrateurs généraux, en 1815, quand Bourbon est rétrocédée à la France. Le gouverneur de Freycinet fait baptiser Figaro, lui donne le nom de Louis Clément et lui accorde le 26 janvier 1826 une concession dans le cirque de Cilaos, à l’Ilet à Cordes. D’une contenance de 129 hectares 50 ares pour François Du Mesgnil (ingénieur des Ponts et Chaussées qui a mesuré les terres cultivables du cirque entre 1872 et 1873), environ 135 hectares pour le géographe Jean Defos du Rau, cet îlet est réputé à l’époque pour être le plus fertile du cirque.
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